9 octobre 2026

« Comment s'assurer que nos investissements d'aujourd'hui répondront encore aux besoins de nos territoires dans 20 ans ? »

« Comment s'assurer que nos investissements d'aujourd'hui répondront encore aux besoins de nos territoires dans 20 ans ? ». Entretien avec Jonathan, ingénieur en chef territorial 

 

En tant qu'ingénieur en chef, quel est votre défi majeur ? 

Jonathan Naas : Le grand écart permanent entre le temps du mandat politique et le temps parfois trop long de l'infrastructure publique.  

Qu'il s'agisse de transports ferroviaires, de lycées ou d'équipements structurants, une collectivité s'engage sur 20, 30 voire 40 ans quand on achète du matériel ferroviaire.  

Notre rôle de cadre technique dirigeant est de donner aux élus des éléments de visibilité objectifs pour éviter qu'ils prennent des décisions compatibles avec les dynamiques de long terme. 

 

Quel est l'impact concret de la baisse démographique sur vos stratégies d'investissement ? 

Jonathan Naas : Le tsunami démographique est sous nos yeux, mais nous continuons d'investir comme avant !  

Dans de nombreux territoires, la baisse de population sur 20 ans va être massive et elle sera aussi très variable selon les bassins de vie.  

Si l'on dimensionne un réseau ou des bâtiments pour les besoins d'aujourd'hui, on risque de se retrouver dans 15 ans avec des infrastructures à moitié vides dont les coûts de fonctionnement mineront nos capacités financières. Les variations très fortes sur les coûts de l’énergie, à l’inverse, pourraient entraîner une demande supplémentaire. 

Les 10 à 20 prochaines années vont être très tendues budgétairement : le défi politique sera de réussir à anticiper les variations de la demande, sans que les citoyens n'y voient un abandon du territoire. 

 

Quelle solution concrète proposez-vous dans vos projets et vos marchés publics ? 

Jonathan Naas : Il faut imposer la modularité des bâtiments dès la conception et injecter de la souplesse dans la commande publique. Éviter coûte que coûte les projets trop rigides.  

Nous devons construire des contrats évolutifs qui permettent d'investir par paliers, en fonction de la montée ou de la baisse réelle de la population. C'est une ingénierie d'achat plus agile qu'il faut généraliser d'urgence. 

 

Vous ne pourrez pas être présent aux ETS cette année. Quel message souhaitez-vous passer à vos pairs qui y seront ? 

Jonathan Naas : Quand on m'a annoncé que la thématique était la transition démographique, j'ai eu un vrai regret de ne pas pouvoir venir!  

Mon message aux ingénieures, ingénieurs, directrices et directeurs généraux : profitez de ces deux jours pour fuir le blabla et le politico-philosophique qu'on subit trop souvent dans beaucoup de congrès.  

Les ETS, c'est l'endroit où aborder les vrais sujets et rentrer dans le dur de l'opérationnel : la modularité des bâtiments, l'ingénierie financière et la soutenabilité de nos réseaux.  

C'est à vous d'aller porter ce débat pragmatique à Lille ! 

 

Prêt(e) à relever le défi posé par Jonathan ? Rejoignez vos pairs aux ETS 2026, exceptionnellement à Lille cette année les 2 et 3 décembre prochains

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