Heuristiquement vôtre !   ATELIER

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Vous pensez participer à une table-ronde classique…laissez-vous surprendre par une mise en situation peu classique et repartez avec des outils innovants pour faire avancer vos projets.
Entre imaginaire et réalité, vivez un voyage au cœur de la forme de l’action publique où vous allez écrire un projet collectivement à partir d’un jeu créatif…qui commence par la fin.


Récit de l’atelier « HEURISTIQUEMENT VÔTRE ! » organisé par Insitu Lab


Pour se mobiliser sur un projet, l’être humain a besoin de sens, de se projeter, de visualiser, d’imaginer, d’expérimenter… et on lui donne des chiffres ! La faute au modèle des agences d’évaluation financières qui a contaminé tous les dispositifs d’évaluation. Et si on se racontait encore des histoires pour piloter ou évaluer nos projets ?

Préface : la force est dans le récit

L’homme a toujours eu recours à de grands mythes pour expliquer l’univers ou pour organiser le chaos, utilisant des discours narratifs marquants. Aujourd’hui, exit le narratif, le crédit que l’on accorde à une entreprise, une collectivité, un pays, une institution, repose sur les sacro-saints chiffres de nos évaluations. Oui mais dans la société de services qui est la nôtre, si on ne s’en tient qu’aux chiffres, on manque une partie de l’histoire.

Bien sûr, certains l’ont compris et manient le récit à merveille : le marketing fait du storytelling, Jacques Séguéla utilise le récit comme outil de communication politique. Mais ainsi employé, l’outil “récit” perd de son authenticité.

Bonne nouvelle : le récit sincère, honnête et sans intention de manipulation peut encore être un formidable outil pour pousser un projet encore plus loin. Mais il va falloir y aller à fond !

Quelle histoire choisissez-vous ?

Avant de raconter l’histoire, il faut savoir qui va l’écouter, dans quel contexte et dans quel but afin de bien choisir son histoire et la manière de la conter.

LE RÉCIT-LÉGENDE : L’EXEMPLE D’UNGERSHEIM

La petite ville d’Ungersheim, dans le Bas-Rhin, voulait éviter la destruction de ses maisons. Elle a donc construit de toutes pièces un écomusée vivant, créant des caractéristiques typiques de la maison alsacienne, maintenant devenue un mythe que personne ne voudrait voir disparaître. Cet écomusée est devenu un village idéal de la vie rurale et donne du sens à toutes les nombreuses actions développées en faveur d’une autonomie intellectuelle, énergétique et alimentaire. Aujourd’hui, Ungersheim a rejoint le mouvement des villes en transition.

Morale de l’histoire : la légende utilise la construction d’un emblème pour fédérer une population autour d’un projet de territoire.

LE RÉCIT-CONTE : L’EXEMPLE DE MACKENHEIM

C’est l’histoire d’une bibliothèque dans le petit village de Mackenheim qui se trouvait bien isolée, surtout depuis qu’une grande nouvelle médiathèque eut ouvert ses portes non loin de là. Seule l’heure des contes lus attirait encore quelques fidèles. Elle eut alors l’idée de créer une carte aux trésors pour inciter les habitants à aller à la recherche des contes dans les rues du village, avant que la chasse ne les ramène jusqu’à son parvis pour d’autres surprises.

Morale de l’histoire : le projet de narration de départ s’est transformé en une action concrète pour revenir ensuite à un projet plus classique. Le conte est utilisé pour proposer une promenade réelle qui permet de vivre un lieu autrement et l’associer aux découvertes culturelles.

LE RÉCIT-ENQUÊTE : L’EXEMPLE DU QUARTIER DU PORT DU RHIN

Un quartier situé à la frontière entre Strasbourg et l’Allemagne s’était doucement endormi. Soudain, un nouveau projet le plonge au cœur d’une transformation urbaine majeure : il faut relier Strasbourg à l’Allemagne. Avant de tout perturber dans la vie tranquille de ce quartier, les designers ont mené leur enquête. Ils ont écouté les histoires de six acteurs différents du quartier : le porteur de projet, le marchand d’alimentation locale, les habitants historiques, les écoliers, le centre social et culturel, et la friche qui est “the place to be” de la culture locale. Comme tous les six avaient des histoires bien différentes à raconter sur leur quartier, les designers ont traduit ces six récits en formes symboliques dans l’espace public. Ainsi, la parole de chacun a été entendue et montrée. Tout le monde pouvait comprendre l’autre et ensemble, ils pouvaient maintenant construire un projet qui serait le leur.

Morale de l’histoire : l’enquête utilise la mise en scène de récits d’habitants pour proposer une appropriation de l’espace.

LES AUTRES FORMES DE RÉCIT

Vous avez compris le principe, allons donc directement à la fin de l’histoire pour d’autres formes de récit :

  • Le récit-fiction utilise le jeu de rôle pour jouer en direct sans préparation une forme de théâtre d’improvisation qui permet de fantasmer un projet à plusieurs.
  • Le récit-document utilise la documentation comme acteur de la discussion.
  • Le récit-scénario utilise un outil diagrammatique pour générer des scénarios de projet.
  • Le récit-prototype utilise un outil de prototypage rapide pour tester des usages sur un site.
  • Le récit-fantasme utilise un film d’animation pour plonger le public dans un univers aux références moins angoissantes et complexe.

The end

L’histoire est inspirante mais ce qu’il faut retenir de toutes ces histoires, dévoilées ou non, c’est que l’outil du récit peut être utilisé pour anticiper, créer, booster ou encore évaluer un projet de territoire. Si vous décidez de l’utiliser, choisissez bien sa forme et surtout, allez au bout de votre histoire en imaginant tous les détails, les conséquences, les transformations qu’il engendre. Si vous racontez l’histoire comme un roman, écrivez le roman, éditez-le, et organisez la séance de dédicace !


POUR PASSER À L’ACTION

LES CONTRIBUTEURS

In Situ Lab : www.lyceelecorbusier.eu/dsaa/


Intervenant(s)

Organisateur :

IN SITU LAB

Intervenants :

Informations à venir

Pour aller plus loin :

L’In Situ Lab, Lycée Le Corbusier à Illkirch-Graffenstaden propose un diplôme supérieur d’arts appliqués en « Design » (niveau Master1). Les étudiants issus du design d’espace, du design graphique et du design de produits, font converger leurs énergies et leurs savoir-faire pour approcher des problématiques de design global dans une attitude de recherche prospective.

Manifeste du DSAA DESIGN « IN SITU LAB » :

>être sur le terrain, au plus près des usagers, des habitants du lieu et proposer des outils collaboratifs pour co-concevoir des projets

>comprendre un site et participer à sa mutation, en devenant, un temps donné, praticiens du lieu

>observer depuis la périphérie de Strasbourg ce qui se passe dans le rural, l’urbain, le maillage transfrontalier, pour proposer des projets orientés vers les nouveaux usages de la ville, des territoires et des institutions

>se concentrer sur les techniques locales, artisanales et innovantes pour inventer des futurs

>engager le design par une approche globale, avec des outils et des savoir-faire spécifiques, vers une discipline contributive.

http://www.lyceelecorbusier.eu/dsaa/